France Sécurité - Le Mag n° 23

L'avenir du commerce en ligne, une question d'équilibre

Patrick Piquart est consultant en systèmes d'information. Cet ancien directeur de projet chez Cap Gemini a été le chef de file de la mise en place des déclarations fiscales par internet du portail fiscal de la Direction Générale des Impôts. Il participe également au développement de sites marchands, dont celui de France Sécurité. Notre interlocuteur idoine fait le point sur des questions sensibles qui intéressent tous les internautes, notamment les questions de sécurité, d'efficacité et de rentabilité du commerce en ligne.

Le Mag : “Comment se porte aujourd'hui le commerce en ligne ?”
Patrick Piquart : “Le commerce en ligne a connu un démarrage difficile dans les années 2000. Cette situation résultait de multiples paramètres, dont des problèmes de sécurité. L'instauration du paiement sécurisé d'un bout à l'autre de la chaîne a été un facteur déterminant de réussite, tout comme l'éclatement de la bulle Internet qui n'a laissé sur le marché que les entreprises les plus pérennes. Cette situation a donné confiance aux consommateurs. Deux éléments prouvent cet engouement pour les achats en ligne : les ventes d'ordinateur et les connexions haut-débit. Une entreprise comme Cdiscount, dont l'activité concerne exclusivement la vente en ligne, bat actuellement tous ses records. Elle sous-traite l'intégralité de ses livraisons à la Poste et est devenue le plus gros client de l'entreprise publique. Maintenant, je pense qu'il est illusoire de croire que l'on peut raisonnablement tout vendre sur Internet. L'expérience prouve que c'est la nature du produit qui dé-termine le mode de transaction commerciale le plus approprié”.

Le Mag : “Ces entreprises spécialisées dans la vente en ligne gagnent-elles enfin de l'argent ?”
Patrick Piquart : “Le point d'équilibre n'est pas encore trouvé, mais elles s'en rapprochent. Ces structures ont compris qu'elles avaient besoin d'une structure logistique puissante et rompue à la vente au public pour survivre. Elles s'appuient donc sur leur savoir-faire, ce qui semble logique et rationnel. La vente en ligne connaît également un fort engouement grâce aux entreprises qui proposent un catalogue en ligne qui vient en complément du catalogue papier, comme France Sécurité par exemple. Chaque support garde ses spécificités, ses atouts et ses intérêts propres. C'est la synergie des deux apportent de nouvelles plus-values aux clients. Il sera ainsi possible de prendre le temps de consulter un catalogue papier, puis d'aller sur le site pour connaître en quelques secondes l'état du stock ou les conditions de livraison. France Sécurité a abordé internet par le bon bout, contrairement à certaines entreprises du net qui ont cru qu'elles pourraient s'arroger un savoir-faire métier qu'elles ne maîtrisaient pas”.

Le Mag : “Qu'est-ce qui garantit aujourd'hui plus qu'hier la protection des paiements en ligne par carte bancaire ?”
Patrick Piquart : “La quasi-totalité des achats en ligne se fait aujourd'hui dans le cadre d'une technologie d'échange sécurisé de transactions sécurisées, dites SSL (Secure Socket Layer). Pour simplifier, il s'agit d'un petit module situé sur votre navigateur, Internet Explorer ou Firefox, qui va s'assurer de la confidentialité des transmissions d'informations, symbolisé sur votre écran par un petit cadenas. Le système comprend l'identification de l'émetteur, celle du récepteur, et le cryptage des données. La sécurité absolue n'existe pas, mais ces transactions ne sont pas moins sûres que celles que vous effectuez par téléphone ou lors d'un retrait d'argent dans un distributeur automatique. Vous avez peut-être remarqué que l'on vous demandait maintenant les 3 derniers chiffres situés au dos de votre carte bleue. L'objectif est de multiplier les algorithmes et vérifications pour minimiser les risques. Enfin, pour les transactions effectuées auprès de sites installés en France, vous bénéficiez des mêmes garanties juridiques que lors d'un achat physique chez un commerçant, ce qui est de nature à rassurer le consommateur”.

Le Mag : “Malgré tout, on ressent encore du grand public certaines réticences à utiliser le net comme un outil de relation commerciale à part entière ?”
Patrick Piquart : “Le problème résulte d'un conflit de génération et de technologie. L'achat par le net ne pose pas de problèmes majeurs aux jeunes qui sont nés avec l'informatique grand public. Pour les autres, le passage est moins naturel, d'autant que les grands éditeurs ne font rien pour simplifier les choses. La course à l'armement des différents fournisseurs de logiciels perturbe la fluidité du commerce en ligne, et aurait tendance à décourager ceux qui sont livrés à eux-mêmes face à leur l'ordinateur”.

France Sécurité - Le mag n° 23

Mouche

L'informatique est-elle bleue ?
Malheureusement c'est à craindre. Big blue est bleu, les télécoms sont tellement bleues qu'elles en deviennent orange, l'ordinateur lui-même est un mot d'essence bleu : non ?

Le retour en force de la trottinette est-il lié à la faillite des start-ups ?
Sans conteste oui ! Ce retour en force est à la fois lié à un phénomène de mode (débarquer dans sa start-up en chemise bleue, juché sur sa trottinette : top tendance et hyper « clan ») et à la fois lié à un processus économique (l'entretien d'une JD-Bug en période de vaches maigres ou folles reste moins onéreux que celui d'une Porsche. Assurances comprises...). De plus, la trottinette, contrairement aux stocks options, véhicule une vraie image du partage : « Monsieur, tu me prêtes ta trot' ? En échange j'te grave le dernier MP3 des Golden Angels ! ». Insensible au cours du NASDAQ, à la hausse du pétrole et au taux de change euro/dollar, la trottinette reste une valeur solide. Elle permet à trois cent millions de petits Chinois d'obtenir du travail et moi et moi et moi de retourner à la vieille économie à la force de mes chevilles.

Quelles sont les zones du cerveau sollicitées par l'infirmatique ?
Les deux hémisphères sont autant sollicités. Surtout le gauche (salut Coluche).

L'informatique a-t-elle des vertus thérapeutiques apparentées à l'hypnose ?
Hypnose : oui, thérapie : non ! L'informatique est une anti thérapie. Elle ne peut donc se parer d'aucune vertu. La connexion à un quelconque des sites du réseau suffit à s'en convaincre : l'appât du gain, la luxure, l'envie, la paresse y règnent en maître.

Est-ce que Internet peut être considéré comme une autre tour de Babel exposée au jugement de Dieu en tant que le paradigme de toute faute est l'oubli d'une différence ?
???

Est-ce que l'ordinateur rend fous les usagers normaux et vice-versa, permettant à ce titre de réduire les inégalités ?
Je vous rappelle que le mot ordinateur ressorti de l'oubli en 1951 ou 1955 (les sources divergent) provient étymologiquement d'ordinateur : « Qui ordonne, met en ordre » ou plus ecclésiastiquement « Celui qui confère un ordre ecclésiastique ". Abusus non tollit usum. D'ailleurs une béatitude n'annonce-t-elle pas : « heureux les simples d'esprit ils seront premier au royaume des cieux » ?

Cap Gemini - Inforum n° 25

Que représente pour vous les années 2000 ?

« L'an 2000, l'an demain... » nous fredonnait Ferrer,
Lui qui n'a pas souhaité ce nouveau millénaire.
Ainsi donc nous y sommes, derrière nous il s'efface,
L'effrayant an 2000, et son bogue porte-poisse.
Avec art et méthode, en maintenant le cap
Nous l'avons déjoué, cette fameuse chausse-trappe
Que d'aucuns nous disaient, problématique en diable,
Et qui finalement, s'avéra remédiable.
Dans nos jeunes années, un rocker nous hurlait
Dans son opéra rock, sa starmania pamphlet :
« Quand viendra l'an 2000, on aura 40 ans,
Si on vit pas maint'nant... ». C'était il y a 20 ans,
L'an 2000 est venu et il n'est pas trop tard.
Au contraire, l'expérience et ces maints avatars
Parfois à notre insu ont construit nos savoirs
Et le temps est toujours de toujours s'émouvoir.
Et quid de 2001 ? L'odyssée de l'espace ?
Une année prometteuse ou de nouvelles angoisses ?
Nos oracles nous annoncent à grands cris à grand bruit :
« Ce XXIe siècle, qui débute aujourd'hui,
N'en déplaise à Malraux, sera informatique ! »
Pour ma part je veux croire, et sans être angélique,
Que foin des alarmistes ou des méchants auspices,
Les années à venir seront celles du service...

Cap Gemini - Inforum n° 23

Nous allons concourir et nous avons beaucoup d'espoir

1998
Patrick Piquart, ce mélomane qui travaille sur le projet de France Télécom "Tosca", qualifie professionnellement l'année 1998, (Bordeaux oblige) "d'excellent millésime". "Ancien" de Cap Gemini, il est élogieux sur les "petits jeunes" de sont équipe. "Les jeunes embauchés de Cap Gemini valorisent notre travail en remettant, parfois,en cause nos habitus ; les échanges deviennent plus riches et nous pouvons de notre côté, leur faire mieux connaître la culture de l'entreprise". 1998 fut pour Patrick Piquart une grande année aussi, à titre personnel. Il est extrêmement fier d'avoir gravi avec son vélo les 17 kilomètres du col pyrénéen de l'Aubisque (les connaisseurs apprécieront) et ce, à la seule force de ses jarrets !

1999
Pour son activité professionnelle, l'année qui vient de commencer est une année de défis. "Nous travaillons actuellement à une nouvelle version de Tosca et ce, pendant le premier semestre de l'année. Courant 1999, France Télécom lancera un appel d'offres européen pour concevoir une nouvelle mouture de Tosca. C'est un projet qui porterait sur 2 ou 3 ans. Nous allons concourir et nous avons beaucoup d'espoirs". Et si l'offre n'est pas retenue ? "La grandeur du prestataire de services est de savoir changer de client. Si nous ne sommes pas retenus, nous gagnerons d'autres appels à candidatures".
Au niveau personnel, ce cycliste qui a repris la pratique vélocipédique depuis un an, après avoir goûté l'ivresse, saine et naturelle, des cimes pyrénéennes, rêve d'autres cols : Soulor, Tourmalet, Marie Blanque... beau programme !

Cap Gemini - Inforum n° 19

Chef de projet

Définissez en 3 mots votre travail.
Le chef de projet est le centre d'une tripe relation :

  • équipe,
  • client,
  • hiérarchie.

Son rôle est de faire converger le plus justement ces trois données.

Quelles sont les qualités du bon chef de projet ?
Le bon chef de projet doit toujours apporter des solutions. Il répond aux contraintes de son environnement humain (équipe), commercial (client), et hiérarchique (direction). Étant un point de convergence il doit donc bien maîtriser sa communication vers tous ses interlocuteurs.

Quels sont les aspects positifs de ce travail ?
La fonction de chef de projet est une fonction valorisante et qui permet de participer activement bien entendu à la vie du projet mais aussi à celle de l'entreprise
Elle permet également de rester en contact avec le terrain ainsi qu'avec le client.

Quels sont les aspects difficiles de ce travail ?
Le chef de projet subit une double pression : celle du client (livraison dans les délais et qualité du service) et celle de sa direction (pas de pertes de production).
Le chef de projet doit être très disponible et ne pas compter ses heures...

23/02/2012
HORLOGE
Heure :
chat ppiquart