Était-ce bien raisonnable ? L'électronique...
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- Créé le mercredi 20 décembre 2006 12:05
- Écrit par Cyprien Wagmestre
Le 25 décembre 1975, le Père Noël a déposé sous notre sapin un coffret d'électronique. Le plan de travail était composé de platines parallélépipédiques en plastique jaune. Chaque platine, en partie évidée au verso, était percée de petits trous régulièrement espacés. Des résistances, bobines, diodes, condensateurs et autres transistors à enficher dans les trous, des lames en cuivre pour clipser les composants au dos des platines et établir les contacts complétaient le coffret. Une grosse pile pour alimenter le tout et vous étiez « l'assembleur » d'une lampe à eau salée, d'un mini-amplificateur ou d'une radio.
Quelque mois plus tard, « Électronique pratique » et sa légendaire couverture violette d'un côté, perchlorure de fer et fer à souder de l'autre, j'attaquais mes premiers circuits imprimés et les lavabos de la maison parentale. En dernières pages de cette publication s'étalaient de nombreuses publicités. L'une d'entre elles vantait les mérites d'une machine originale à bien des égards, conçue au fond d'un garage de la Silicon Valley par deux jeunes génies. Bien qu'ignorant des utilisations possibles d'un micro-ordinateur, je l'ai longtemps convoité, me rabattant sur des ersatz avant de pouvoir acquérir mon premier Apple : un Mac+ à fonction grille-pain intégrée (dépourvu de disque dur, l'ordinateur éjectait la disquette MacWrite pour demander la disquette Finder puis éjectait la disquette Finder pour réclamer la disquette fichiers, etc. en boucle...). Les années ont défilé à la vitesse de l'électron dans une puce de silicium, je suis devenu un « homme sérieux » (non, pas un champignon, un consultant en technologies de l'information et de la communication !) passé à l'ultra portable noir relevé de trois lettres colorées (celles de l'impertinente publicité Apple de 1981 « Bienvenue IBM. Sérieusement. »), assorti à mes costumes sombres soulignés de cravates chamarrées, à l'aise dans des TGV noirs éclairés de lampes orangées.
À la veille de Noël 2006, le nom m'est revenu : Macintosh. Un coup de téléphone à l'Apple store et il était là sur la table de la cuisine, dans sa robe blanche, son design MOMA, ses accessoires sans fil cristallisés, sa webcam intégrée et sa mini télécommande aimantée type magnétophone à poser sur la tranche de l'écran/ordinateur. Le Finder, pardon, Mac OS X Tiger, toujours plus intuitif, ergonomique, convivial. Et le menu « Pomme » pour éteindre le Mac !!!
« Papa, on dit iMac, pas Mac. Et ça se prononce comme aïePod... » Certainement, mais un menu Pomme, c'est tout de même plus judicieux qu'un menu Démarrer pour éteindre sa machine, non ?
Le lendemain, jour de Noël, le délicat clavier compact bluetooth ne s'appairait plus avec le bel écran blanc cyclopéen. Retour sur terre : tout cela n'était-il qu'une histoire strictement commerciale ? une affaire de marge et de coût de construction ? de croissance et de parts de marché ? À décharge, la hotline (irlandaise) fut compétente, les solutions de dépannages plurielles, quoique disproportionnée pour l'une d'elle (échange complet de la machine sur site ! ou remplacement du seul clavier chez un partenaire dépanneur).
C'est sans doute le prix du rêve de Steve Jobs, nous qui n'imaginions pas ce futur devant les anneaux de couleurs de nos résistances (jaune suivi de vert égal 45, fois rouge font 4500 ohms) : un ordinateur par personne.



