Était-ce bien raisonnable ? La tulipe...
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- Créé le mercredi 21 juillet 2010 07:44
- Écrit par Patrick Piquart
Pour minimiser le poids du matériel à emporter, notre consultant-coureur aurait sans doute pu utiliser toutes les fonctions de son téléphone portable : le capteur GPS et l'appareil photo-caméra vidéo. Mais le temps imparti pour réaliser la mission ne permettait pas de tester toutes les configurations matérielles envisageables. L'efficience prévalant, va pour trois matériels distincts : un GPS, un appareil photo et un téléphone.
Arrivé sur site, le consultant organise la mission : détermination de la méthodologie de zonage, optimisation du trajet à parcourir, évaluation des risques (attention à cet énorme serpent que l'on aperçoit dans les vieilles vignes)... La connaissance des reptiles n'étant pas dans le spectre des compétences de notre consultant, le plan de prévention sur ce point est simple : les éviter ! Une rapide communication vers le maître d'ouvrage, la dirigeante du bureau d'études, permet d'identifier la bête : une simple couleuvre.
Concomitamment, le coureur chausse ses runnings. Puis il cherche un point remarquable qui sera facilement identifiable sur une photo aérienne : cette jolie ligne blanche de stop bien peinte sur la chaussée fera l'affaire. Top chrono sur le GPS de poignet et le voilà parti pour arpenter le champ puis pour "zoner" les colonies de tulipes sauvages (les tulipa sylvestris objets de la mission). Au coin d'un bois, départ d'un gros lièvre : tout droit à toute allure, puis demi-tour et à nouveau demi-tour avant de disparaître... Le coureur à pied aimerait bien disposer de cette capacité d'accélération, de cette vitesse de pointe et de cette faculté à changer de direction sans perdre en vélocité ! Mais il n'est qu'un simple humain ... qui plus est, missionné pour une autre activité que s'entraîner après un lièvre.
Place au zonage et, en premier lieu, au tour du champ. Deux kilomètres en 20 minutes, notre coureur est plus près de la tortue que du lièvre ! En second lieu, repérer les deux colonies de tulipes et les délimiter. Quelques photos. Attention ! Sans marcher sur les fleurs ou sur la zone de bulbes ! Plante protégée !
De retour à la base, transfert des informations sur le site ad hoc. Pas si ad hoc que ça : la carte n'est pas bien calée par rapport à la photo aérienne et la photo aérienne, elle, ne semble pas de la meilleure qualité. Double recalage à prévoir : l'itinéraire parcouru par rapport à la carte et la carte par rapport à la photographie aérienne.

Nouvelle communication vers le maître d'ouvrage : pas d'inquiétude, en bonne géologue française ma "cliente" n'utilise pas les outils américains, mais le géoportail de l'IGN. Ce site dispose d'une campagne de photos plus récente que celle de 2000/2005 et ses photos sont exactement calées par rapport à ses cartes.

Effectivement, le dessin de la départementale est précisément superposé à la photographie et la ligne blanche du stop est parfaitement visible. Petite déception, on ne distingue ni couleuvre ni lièvre ! Et finalement, à quoi ressemble une tulipa sylvestris ? À une fleur toute simple. Moyennement spectaculaire pour un non-botaniste !

En tout cas, mission accomplie. À mettre sur le curriculum vitae du consultant ou sur celui du coureur ?



